Pourquoi on en est tombés amoureux

25 mars 2016

Nous n’avions pas particulièrement d’attentes ni d’appréhensions lorsque nous étions en route pour Koh Phayam, nous espérions simplement que le chemin parcouru en valait la peine, puisque nous avons fait marche arrière simplement pour découvrir cette petite île. En avion de Danang à Kuala Lumpur, puis de Kuala Lumpur à Phuket, nuitée à Phuket, bus tôt le matin pour Ranong et bateau dans la foulée pour rejoindre ce petit bout de terre de 19km² en haut de la côte d’Andaman, à la frontière de la Birmanie.

Après 45 minutes de speed boat, on aperçoit un petit ponton, comme si nous arrivions chez quelqu’un. Quelques locaux s’agitent là au bord, car ils savent qu’avec notre bateau arrive aussi tout un tas de ravitaillements pour l’île dans la soute. On débarque au milieu de l’agitation avec un autre couple d’Italiens et une baroudeuse allemande et on est surpris de ne pas entendre les sempiternels « Where you go ? Tuk tuk ?
Motorbike ? Taxi ? ».

On avance donc vers le bout du ponton où l’on peut lire « Welcome to Koh Phayam » sur un panneau un peu défraîchi. Les Italiens se dirigent vers ce qui ressemblait à un motorbike taxi, et l’Allemande et nous directement vers les locations de scooter pour profiter pleinement et librement de l’île. Après négociation, on en dégote un neuf pour 5$ la journée ! Nous n’avons plus de batterie sur nos téléphones et donc plus de Google Map pour nous diriger… Mais qu’à cela ne tienne, on y va au feeling !

On sait que notre hôtel est au coeur de l’île, pas très loin de Buffalo Bay, on suit notre instinct et on finit sur la bonne route (l’île n’en compte que 4 ou 5 différentes) et arrivons à Himmapan, notre refuge pour les prochains jours. Himmapan signifie « Noix de cajou » en thaï, en hommage au nombre colossal d’anacardiers sur Koh Phayam. Leurs fruits, ressemblants à un petit poivron avec une grosse noix de cajou au bout, jonchent d’ailleurs le sol et le jardin, c’est amusant !

Nos bungalows sont modernes et impeccables, dotés de ventilateurs et de l’électricité toute la journée (sauf coupures), ce qui est un luxe sur l’île qui ne bénéficie pas encore de l’électricité gouvernementale ! On descend sur la plage d’Ao Yai pour le coucher du soleil et là, c’est la révélation. C’est marée basse en cette semaine de pleine lune, la plage est donc immense, immaculée et surtout pratiquement déserte : seuls quelques couples éparpillés profitent également de ce paysage magnifique dénué de touristes. On se dit que Fonne, notre amie de Chiang Mai, ne s’est vraiment pas moquée de nous quand elle nous recommandait l’île comme une île calme et sans touristes, encore préservée comparé aux autres îles du sud adeptes de Full Moon party et tapages nocturnes ! On s’enfile gaiement un bon curry thaï avec un bière au bord de la plage et on s’endort heureux et sereins.

Il y a tout de même quelques touristes qui permettent aux locaux de gagner leur croûte et nous font donc bénéficier de tout un tas de petits bars et café éparpillés sur l’île, tant sur ses plages que dans la jungle. Mais en cette fin de saison, nous pouvons siroter notre bière fraîche ou notre jus de fruit frais sur la plage sans personne pour nous déranger dans notre écoute du bruit des vagues ou des chansons de Bob Marley. Car ici, on vit en mode Pura Vida : d’anciens pirates thaï et birmans fument des pétards au côtés de la police et se la coulent douce loin des préoccupations des grandes villes. On s’inquiète simplement de faire assez d’argent pour pouvoir participer à des projets de développement et d’amélioration de la vie pour les enfants et les populations défavorisées de l’île en basse saison. Car ici, on ne connait pas de vol ni de crime, mais de l’entraide et de la générosité.

Le lendemain, on part à la découverte de l’île et de ses plages, et c’est une seconde claque que l’on se prend ! On s’émerveille de ces petites routes tout juste bétonnées qui traversent la jungle et la vaste végétation de Koh Phayam, entre champs d’hévéas, arbres de jungle et mangroves. Sur la même journée, on croise un tas de Calaos au nord de l’île et des petits crabes à foison dessinant des oeuvres d’art sur des plages de sable blanc, on aperçoit des singes au loin dans la forêt et on se baigne avec des écrevisses et des petits poissons sur une plage rocailleuse déserte où on finit même par se prendre en photo dénudés pour prouver que nous y étions comme seuls au monde.

Il est difficile de transmettre par écrit toute la « good vibe » qui s’émane de Koh Phayam et vous envahi rapidement. L’île a un charme fou, authentique, préservé, ce qui est de plus en plus rare à trouver avec l’invasion des nouveaux riches russes et chinois. En tout cas, ce qui est certain, c’est que si jamais vous prenez le temps d’aller jusque là, vous aurez vraiment beaucoup de mal à repartir. Nous même étions à deux doigts d’annuler bus, vols et suite du voyage pour rester quelques mois de plus à profiter de cette pura vida qui vous gagne et ne vous quitte plus, sur ce petit bout de paradis qu’est Koh Phayam.

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